Nous nous sommes lancés mercredi et jeudi dernier dans l’ascension du volcan Parinacota mais ce dernier a été plus fort que nous…
L’arrivée dans le parc Sajama en Bolivie est splendide. Nous sommes a 4200m d’altitude et 3 volcans majestueux nous dominent. Le sajama (plus haut sommet de Bolivie) s’élance fièrement vers le ciel du haut de ses 6543m. Le Parinacota a 6350m nous montre aussi son cone régulier avec a son sommet son cratère de près de 1000m de profondeur.
Nous faisons la rencontre a Sajama d’un Polonais Patrick avec qui nous décidons d’entreprendre l’ascension du Parinacota. Nous partons le mercredi matin vers 9h00 avec une mule et un Bolivien tirant la mule pour porter nos sac et l’eau. Mathieu décide de porter son sac car il a pitié de ce pauvre animal… La marche d’approche est longue et nous conduit après plus de 6h de marche et 20 kms au camp de base a 4800m d’altitude. Cette approche se fait normallement en 4*4 mais ca coutait trop chere pour nous… Du camp de base, la mule fait demi-tour et nous reprenons nos sacs. Nous décidons de monter jusqu’au camp haut à 5100m d’altitude. Nous marchons donc encore pendant près de 2h dans le sable volcanique. Nous avancons lentement et mathieu commence a accuser le coup de son engine de la semaine dernière. Patrick n’avance pas avec son sac de plus de 15 kg…le camp haut se mérite. Moi je me sens très en forme mais je me préserve pour la montée du lendemain… Arrivé au camp haut le vent souffle très fort et nous montons la tente à l’abri (plus ou moins) d’un énorme bloc volcanique. Nous nous couchons rapidement car dehors il commence a faire froid et demain nous nous levons tot pour partir a l’assault du sommet.
La nuit fut très longue car ce fut impossible de dormir à cause de l’altitude et du boucan incessant du vent sur la tente. Nous nous levons vers 2h30 et nous habillons chaudement pour affronter le froid glacial de -20 degré accentué par un vent violent. Nous partons à l’arrache pour rejoindre une crète qui est censée nous mener jusqu’au glacier à près de 5800m. Au bout de 1h de marche et seulement 100m de dénivelé, Mathieu décide de faire demi-tour. Je lui donne ma frontale pour qu’il retourne au camp. Je poursuis l’ascension en compagnie de Patrick mais sans ma lampe on avance dans une mauvaise voie et l’on se retrouve a marcher dans une pente de plus de 40 degré faite de sable volcanique….trop dur (1 pas en avant, 3 pas en arrière…). Patrick n’avance pas rapidement car l’altitude lui coupe le souffle et je suis obligé de l’attendre fréquemment pour avoir sa lumière. Je suis congelé et la progression trop lente commence à m’énerver. Je me sens bien mais avancé a l’aveugle en pleine nuit, par -20 et sans etre sur de rejoindre le glacier me démotive….je commence à prendre conscience que ca ne sert à rien de continuer…On avance encore mais on se retrouve bloqué par des pénitents de glace et une pente trop raide..impossible de rejoindre le glacier. Je regarde Patrick et je lui dit qu’on avance trop lentement et que je suis congelé. En plus sans ma lampe je trébuche sans arret et à cette altitude c’est fatigant. C’est donc à contre coeur que je lui dit que ca ne sert à rien de continuer….nous sommes a 5600m et le sommet m’échape. La prochaine fois je regarderai l’itinéraire mieux que ca…Nous redescendons donc au camp. J’essaye de dormir 1h et vers 8h nous partons avec mathieu jusqu’à Sajama. On marche en mode automatique en étant extrèmement fatigué et cassé de partout. On arrive finalement a Sajama vers 13h30…
Ce fut 2 jours très éprouvants physiquement et moralement…je suis terriblement décu de ne pas etre allé au sommet car je me sentais largement capable mais la combinaison de tous ces facteurs ne m’ont pas permis d’atteindre mon objectif. Tampis…